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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 20:55

Bonjour,

 

Go West ! est le prochain supplément pour Tecumah Gulch. Nous vous l'avons présenté dans les grandes lignes dans un précédent billet.

Couv-TGGW-small-copie-1.jpg

Découvrez aujourd'hui en exclusivité sur notre site les premières pages de l'ouvrage, dont la sortie est prévue d'ici quelques jours.

 

Très cordialement,


Cédric B.

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 09:51

Bonjour,

 

Je profite aujourd'hui de l'occasion de ce petit billet pour vous présenter une bande-dessinée qui m'avait échappé lors de sa sortie : Les derniers jours d'un immortel de Fabien Vehlmann et Gwen De Bonneval. Sortie en mars 2010, cet ouvrage m'avait échappé sur le moment et je ne l'ai découvert que récemment.

 

immortel.jpg

 

Bien des éléments du récit qui y est mis en scène ne pourront être retranscrits dans D6 Galaxies, notamment le principe d'immortalité (ou presque-immortalité). Mais l'oeuvre regorge de malice dans le traitement de la question des relations entre espèces issues de planètes lointaines les unes des autres et surtout aux cadres de pensées bien différents. Comment par exemple juger un extraterrestre qui a tué involontairement un humain, voulant au contraire lui témoigner sa grande affection selon les usages de son peuple ? Comment négocier l'entrée dans l'Union d'un peuple lointain que le concept même d'union est absent de son vocabulaire ? Autant d'interrogations qui doivent hanter les fonctionnaires de la Fédération comme ceux des Corporations contrôlant des territoires où coexistent des peuples aux moeurs très variables.

Page après page, nous suivons Elijah un enquêteur-diplomate spécialisé dans le traitement de ces questions. L'homme y reçoit une mission qui s'annonce des plus complexes : réconcilier les Alephs et les Ganédons qui coexistent sur une même planète. Comment y parviendra-t-il ? Plongez-vous dans l'histoire pour avoir la réponse à cette question. Vous ne le regretterez pas.

 

Cordialement,

 

Cédric B.

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 19:37

Bonjour,

 

Dans une semaine au plus, nous mettons en vente le nouveau suppplément de Tecumah Gulch : Go West !

 

Couv-TGGW-small.jpg

 

Le livre de base de Tecumah Gulch vous proposait de jouer des personnages vivant dans une petite bourgade rurale imaginaire de l'Arizona durant les années 1866-1869. Dans La frontière, le premier supplément pour Tecumah Gulch, le cadre s'étend dans le temps (années 1870-1872) et dans l'espace (présentation du Mexique). Go West ! s'inscrit dans cette logique, proposant de nouveaux horizons de jeu (les territoires du Grand Ouest) et poursuivant l'avancée chronologique jusqu'aux années 1873-1875.


Go West ! est divisée en trois parties. L'ouvrage comporte d'abord une présentation générale de l'époque et des territoires de l'aventure. Dans une seconde partie, vous découvrirez une série de personnages et de lieux avec des idées de scénarios qui leurs sont liées. Enfin, un long scénario et des synopsis concluent l'ouvrage. Le tout est adapté au système D6 Intégral.

 

Participez à l'aventure du rail, menez les colons vers la terre promise, échappez aux Indiens. En steamboat, en carriole, en train ou sur une mule, peut impote : go west, young boy !

 

Go West  ! compte 136 pages. Il sera mis en vente début février au prix de 22€ (6€ pour la version pdf).

 

Plus d'info et des premiers extraits inédits très bientôt !

 

Très bonne soirée à tous,


Cédric B.

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 07:36

Bonjour,

 

Jusqu'au 31 janvier, Lulu met en place une offre "Livraison gratuite".

 

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Avanti !

 

Cédric B.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 00:00

Bonjour,

 

Nous vous proposons aujourd'hui une petite inspiration pour Tecumah Gulch. Elle est tirée du film Du sang dans la poussière (The Spikes Gang en v.o.), réalisé par Richard Fleischer. L'homme a une filmographie abondante et variée et, avouons-le, de qualité très inégale. Elle récèle cependant de quelques belles petites pépites comme Le Soleil Vert (Green Soylent), un film de S.F. d'une grande puissance.

 

Pour l'heure, passons au sujet du jour, Du sang dans la poussière.Un sujet qui fait l'actualité puisque Go West ! le prochain supplément pour Tecumah Gulch sortira avant la fin du mois !

 

Stay tuned et très bonne semaine à tous,

 

Cédric B.

 

*         *          *

 

 

DU SANG DANS LA POUSSIÈRE (film)

 

Fiche technique :

Titre original : The Spikes Gang

Réalisateur : Richard Fleischer

Année : 1974

Durée : 93 min.

Distribution : Lee Marvin, Gary Grimes, Ron Howard et Charles Martin Smith.

 

  spikes.jpg

 

Présentation :

Richard Fleischer tourne avec The Spikes Gang un film qui a pu décevoir certains habitués des westerns. Pas de grandes scènes lyriques en effet dans cette oeuvre, pas de plans larges sur les grands espaces sauvages, pas de scènes spectaculaires d'échanges de coups de feu ou de cavalcades. Non. Rien de cela mais au contraire des cadrages à hauteur d'hommes, à hauteur d'enfants mêmes et des dialogues simples et justes. La photographie, très soignée, rend l'ensemble particulièrement attachant.

 

Résumé :

Will, Les et Todd croisent la route de Spikes, un bandit de grands chemins. Les trois adolescent qui rêvent de vivre la grande aventure, et plus particulièrement l'un d'eux qui vit dans un contexte familial étouffant, décide de fuguer. Bien vite, ils sont dépassés par les conséquences de ce choix. Les voilà qui basculent à contre-coeur dans le banditism, avec Spikes dans le rôle du mentor.

 

Mots-clés :

Adolescence, Mexique, Hold-up.

 

Histoire :

L'histoire se déroule au départ dans une région peuplée de colons pieux et travailleurs. La vie y semble figée, se perpétuant en cycles agricoles répétitifs. Mais tout change quand trois grands adolescents découvrent un homme ensanglanté : Harry Spikes. Le fugitif supplie les garçons de le cacher et de garder le silence sur sa présence. Ils s'exécutent et le déplace dans une vieille grange. Durant quelques jours, ils le nourrissent et le soignent du mieux qu'ils peuvent. L'homme leur dit honnêtement qui il est : un braqueur de banque. Cela fascinent les jeunes gens qui mentent même au marshall pour le protéger.

Le père d'un des garçons comprend ce qui se passe. Il se doute que son fils a menti au marshall et que son cheval, qu'il prétend être volé, a en fait été donné au fugitif. L'homme frappe violemment son fils à coup de ceinturon. Cela n'est pas la première fois. Durant la nuit, le garçon décide de fuir, les paroles de Spikes lui ayant donné de l'Ouest l'image d'un monde à prendre et à vivre. En quittant son village, il passe dire au-revoir à ses deux amis. Après des hésitations, ceux-ci décident finalement de le suivre.

Les garçons mendient en vain sur leur chemin. Affamés, ils sont contraints de voler. Ils finissent en prison mais Spikes qui passe par là les sort de leur geôle. De fil en aiguille, les jeunes gens qui ont repris la route de leur côté, ne trouvant aucun secours, aucune aide de la part des adultes qu'ils croisent, commettent des actes de plus en plus grave. L'un d'eux est pris dans une rixe. Un coup de feu part et touche un passant. L'homme meurt sur le coup. Double malheur : il s'agissait d'un sénateur. Dès lors, la tête des trois jeunes est mise à prix.

Retrouvant Spikes pour la deuxième fois, les garçons se mettent sous sa protection. L'homme leur enseigne les ficelles du métier et monte avec eux une attaque de banque. Celle-ci tourne mal et un des trois jeunes, durement touché, agonise lors de la fuite. Spikes comprend qu'il n'y a plus rien à faire pour lui et veut l'abandonner. Les deux amis refusent et se retrouvent donc seuls avec un mourrant sur les bras, puis rapidement un cadavre. Les deux survivants se séparent, l'un d'eux prenant la responsabilité d'aller annoncer la triste nouvelle à ses parents. Durant la période de séparation, Les est abattu dans son sommeil par deux chasseurs de primes. Todd apprend alors que l'un de ceux-ci n'était autre que Spikes lui-même, qui a conclu un marché avec le gouverneur par l'intermédiaire du shérif local. L'heure du réglement de compte final a sonné.

 

Personnages :

- Harry Spikes : Harry est un braqueur expérimenté. Bourru, bougon, le visage acéré flanqué de longues moustaches qui commencent à blanchir, l'homme n'est pas très avenant aux premiers abords. Il se prend (un peu) d'affection pour les trois jeunes garçons. Il les sort de prison, les nourrit, les entraîne... Mais sa vision du monde reste dure et ne laisse la place à aucun sentiment, du moins aucun sentiment exprimé visiblement.

- Will, Les et Todd : c'est un peu le seul vrai regret au visionnage du film. Les trois jeunes ne sont pas assez typés les uns par rapport aux autres. Pour mieux accentuer les "rôles" à jouer, il conviendrait d'insister davantage sur les spécificités de chacun et leur attribuant une ou deux caractéristiques marquantes (le binoclard, le gourmand, le raisonnable, etc). Le film met par contre en scène de manière efficace les relations entre les camarades et leur état d'esprit. Ces enfants voudraient rester enfants. C'est malgré eux que les événements les entraînent vers le précipice.

 

Pour utiliser l’œuvre en jeu de rôle :

Rappelons tout d'abord que Tecumah Gulch, s'il permettait de jouer des personnages classiques, offrait la possibilité d'incarner des adolescents. Des règles dédiées permettaient de créer des personnages aux capacités plus limitées mais à la progression plus rapide, du moins pendant un certain temps. Le récit Du sang dans la poussière serait parfaitement adapté pour mettre ainsi en scène un groupe de PJ originaire de la petite bourgade de l'Arizona. D'ailleurs, comme dans le film, le Mexique n'est pas loin. Idéalement, après quelques aventures à Tecumah Gulch, le scénario du Spikes Gang pourrait servir d'épisode-clé fermant une période pour éventuellement en ouvrir une autre en poussant les personnages à fuir leur région d'origine et se forger un destin. Une nouvelle vie commencerait pour eux.

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 11:58

Bonjour,

Sci-Fi Universe nous a ouvert ses pages pour une interview.
Vous pouvez la lire ici.

Un grand merci à eux et un très bon week-end à tous !

Cédric B.

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 10:48

Bonjour,

 

Si nous étions une tribu indienne, il aurait pour nom langue agile. Vous allez comprendre pourquoi en lisant ci-dessous sa production pour L'Encyclopédie Fédérale.


Très bonne lecture à vous,

 

Cédric B.

 

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L’Église du Renoncement
Texte : Laurent Séré – Illustration : Erwan Broudin

 

 


Le premier des verbes intima à l’Homme : « Tu naîtras, pour inéluctablement un jour laisser fuir la vie. »
Puis le second lui ordonna : « Tu engendreras, en un dédoublement de toi-même infini. »
Le troisième enfin exigea : « Tu mourras, et tu embrasseras une éternité d’oubli. »

Et vint le temps où l’Homme se redressa, lassé de courber l’échine sous le joug de l’Ordre perpétuel. Il contempla ce qui fut et considéra ce qui sera. Et d’une voix tressée par les fils translucides des innombrables existences disparues, de sa voix nouée par la tristesse des espoirs déçus, cette voix résonnant tel un chœur distordu, il asséna :



« Je renonce au destin et je choisis ma fin.
Hier je suis venu et demain ne serai plus.
Mon berceau a brûlé et mon tombeau renié,
je fais mien l’instant, m’approprie l’existant.
Je refuse l’attente, l’espérance, la croyance,
je réfute le besoin de propager ma semence.
Car tout sera balayé avant d’être oublié. »
Et lorsqu’au dernier jour on l’interrogera :
« Regrettes-tu la vie, déplores-tu le glas ? »
Il répondra céans, d’une voix faiblissante :
« Je suis un astre mort, ma course est terminée,
je quitte seul le port, ma voile déchirée.
Emporté par un sort que vous partagerez,
vous saisirez alors l’ultime vérité. »

 

3ème épître de l’homme à l’Homme.
Apologue du Renoncement



Genèse

La conquête des immensités spatiales, la colonisation de territoires insoupçonnés, la découverte de peuples extraterrestres improbables, modifièrent de fond en comble les croyances humaines, les représentations et les conceptions du monde. Pour certains, c'était une ère enthousiasmante qui s'ouvrait. Pour d'autres, ces faits nouveaux se conjuguaient dans leur esprit en une grammaire du vertige, renforçant l’absurdité d’un Grand Tout aux contours sans cesse en mouvement.

Un courant syncrétique connut un succès important (le Syncrédéisme). Sans supplanter totalement les religions traditionnelles, il devint la confession principale sur Terre. Mais ce n'était qu'une rémission. En se confrontant aux croyances d'êtres intelligents issus de civilisations d'outre-espace avec lesquels elle entrait en contact, l’Humanité se trouvait face à de troublantes questions : où était la vérité de l’âme ? en existait-il seulement une ? quel était le sens profond des choses ?

Des penseurs, des théologiens, des chercheurs, se passionnèrent pour ces questions. Des cultes mineurs connurent un regain d’intensité. Le désordre menaçait. L’État central refusait de s'engager dans les affaires religieuses et de trancher les questions de dogme, se contenter de poursuivre ceux dont les croyances provoquaient des « troubles ». C'était insuffisant pour empêcher la montée en puissance de mouvances extrémistes animées d'un souffle de folie désespérée.

Péché originel

Une secte millénariste, les Chemins de Nihil, décida de frapper partout où elle le pourrait pour convaincre le monde, l’univers même, de la vacuité et de la futilité de l’existence. Elle enchaîna ainsi les attentats spectaculaires, conduisant des familles complètes, parents et enfants, à se présenter dans les lieux publics et à déclencher leurs charges thermiques aux cris de : « Égarés, Nihil vous ouvre son refuge ! » ou « La vie n’est qu’une longue agonie ! ».

S’appuyant sur un noyau de scientifiques illuminés, les membres de la communauté n’eurent pas de difficultés à se doter d’armes de mort particulièrement redoutables.  Les pouvoirs publics réagirent avec vigueur mais les victimes de ces actes de folie se comptaient déjà par dizaines de milliers, toutes origines confondues. Les derniers tenants du Syncrédéisme en appelèrent à la concorde, à la clémence des fanatiques vis-à-vis des innocents, à la récusation de cette fièvre terrifiante.

Finalement, la vague meurtrière fit long feu. Conformément aux probabilités, elle mobilisa contre elle les énergies, les arrestations se multiplièrent, les structures de la secte furent progressivement démantelées, la majorité de ses cadres et de ses meneurs se suicidèrent (ou furent suicidés selon certaines rumeurs) avant ou durant leur arrestation. De grands procès furent organisés et la peine de mort fut rétablie, souvent requise et  généralement obtenue – d’ailleurs dans la plupart des cas aux grandes manifestations de joie de certains des condamnés.

L’opinion était stupéfaite. Le courant sectaire fit l’objet de nombreuses études, on décortiqua les faits ayant présidé à sa naissance, on tenta de comprendre, d’expliquer aussi. Les dernières paroles d’un de ses dirigeants résonnèrent toutefois avec menace : « Ce que vous nous faites vous le ferez à vous mêmes un jour, car  le ferment est semé... »

Un nouveau messie ?

Dans sa prison de Howling Hill, Wyoming, Pétrus Soliakov partagea le sort de nombreux autres militants ou sympathisants des Chemins de Nihil. Entré trop tard dans le mouvement pour avoir entrepris de franchir le seuil sacrificiel mais bien trop tôt aux yeux de la justice pour que ses foudres lui soient épargnées, il entreprit de purger sa peine de soixante-cinq ans de détention avec le stoïcisme qui lui gagna rapidement le respect de nombreux codétenus. Influent, charismatique même, il agrégea autour de lui de nombreux détenus condamnés à de courtes peines, des hommes et des femmes  nourrissant de la curiosité pour son discours et qui devinrent rapidement ce qui ressemblait plus à des disciples.

 

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Ce second rôle dans l’entreprise criminelle des Chemins de Nihil attira bien vite l’attention des autorités et il fut décidé de lui proposer d’utiliser son troublant magnétisme à des fins louables, aptes à partiellement racheter ce qui avait justifié de son incarcération. Après une longue période de jeûne et de réflexion, celui qui avait suivi dans sa première vie de brillantes études de psychiatrie accepta la proposition qui lui était faite. Moyennant une conversion de sa peine d’emprisonnement en exil dans les Confins, il s’attacherait – dans le cadre d’un programme de périodes de liberté surveillée – à approcher les derniers carrés de la secte pour les convaincre de renoncer à recourir à la terreur.

Le projet fut d’autant plus couronné de succès que Soliakov sembla y adhérer pleinement et avec loyauté. Un à un, les derniers chefs de file de la communauté renoncèrent à l’action armée et se rendirent à la police ou en finirent avec leur existence. En quelques années à peine la secte connut son chant du cygne et le « repenti » gagna la reconnaissance mesurée de ceux qui l’avaient missionné.

En fait, si l’ancien membre des Chemins de Nihil souscrivit avec tant de résolution au plan de démantèlement des vestiges du mouvement, c’est que cette démarche rejoignait parfaitement ses convictions personnelles. Il estimait en effet que ceux qui avaient ouvert la voie touchaient du doigt la vérité sur le fond mais avaient opté pour un mode d’action parfaitement contreproductif, voué à l’échec. Il lui fallait désormais reconstruire sur des ruines fumantes, et il avait déjà eu tout le loisir d’enfoncer profondément en terre de solides fondations, cristallisées par des talents télépathiques à la fois parfaitement maîtrisés et totalement insoupçonnés.

La Terre promise

Lorsque les réacteurs du cargo stellaire l’Astrolabe l’arrachèrent de la croûte terrestre, il abritait du matériel de forage consciencieusement arrimé dans ses vastes cales et deux cents passagers dans ses étroites cabines. Au nombre des rares voyageurs à destination des Constellations, répartis dans les coursives du quatrième pont, quarante-quatre Terriens sous le coup d’une condamnation à l’exil. Parmi eux, cabine 24, Pétrus Soliakov.

Ce vaisseau fut le premier du mois de mai 3340 à décoller de la Terre et aussi le dernier puisque tout contact fut perdu avec la planète mère durant sa traversée de l’espace.

Lorsque l’Astrolabe fit escale sur Station Alpha, balayée par un vent de panique généralisée, Soliakov souriait, le front appuyé contre le verre syntec de son hublot. Il souriait encore lorsque la porte de sa cabine chuinta dans son dos et que deux FoPo l’invitèrent à les suivre pour rejoindre le centre de détention local en l’attente de son transfert final vers une sombre et lointaine colonie des Confins. Il souriait toujours lorsque les deux agents décidèrent d’un accord tacite, passif et silencieux, de le déposer devant une station de taxis où il s’engouffra dans le premier véhicule disponible. « Direction l’astroport je vous prie. Je double le montant de  votre course si vous prenez les raccourcis... »

Seize ans s’étaient écoulés depuis sa condamnation, l’Administration avait mis le temps à commuer sa peine. Certains acteurs du système se demandaient d’ailleurs comment ils avaient pu  se mettre en tête de prendre une telle décision. Ça n’avait pas d’importance, il avait su optimiser son temps de détention pour se constituer une main gagnante et il  était désormais prêt à abattre ses cartes...

Parabole(s) selon Pétrus Soliakov

En premier lieu, Pétrus Soliakov activa le réseau qu’il avait patiemment constitué. Ce n’était pas sans intérêt qu’il s’était entouré de détenus condamnés à des peines légères car il savait qu’il pourrait s’appuyer sur eux une fois qu’il aurait recouvré la liberté. La plupart de ceux qu’il avait sélectionnés, plusieurs centaines peut-être, répondirent donc à son signal télépathique et lui fournirent les moyens matériels nécessaires aux premiers jalons de son projet. Tous avaient définitivement tourné le dos à leur passé délinquant et quitté la Terre pour mener une existence des plus respectable au sein des Constellations. Tous aussi étaient désormais qualifiés « d’apôtres », car ils étaient individuellement porteurs d’une doctrine collective destinée à la libération ultime de chacun.

Puis il communiqua : il mobilisa les médias et occupa avec talent la plupart des canaux disponibles. Il revint sur son passé, le justifia sans l’excuser. Il tailla des croupières à l’État fédéral, en pointant du doigt sa propension à étouffer les minorités, à vouloir les englober dans un grand océan institutionnel, à les intégrer pour mieux les diluer. Il expliqua pourquoi il avait opté pour la dissidence et se déclara prêt à en assumer les conséquences lorsque le moment serait venu. Il déploya aussi son goût pour la rhétorique et terrassa chacun des contradicteurs qui lui furent opposés. Il instrumentalisa finement, de surcroît, le « sourire du destin » qui lui avait permis de quitter la Terre avant qu’aucun échange ne fut plus possible entre elle et les Constellations.

Enfin, après avoir suscité toute l’attention voulue et habilement échappé aux FoPo, il se retira du devant de la scène et entreprit de prêcher activement. Son discours mettant en exergue le droit fondamental à choisir ses différences, à les vivre pleinement aussi, il se déclara apte à offrir le passeport nécessaire à une telle démarche. Il ne s’agissait cependant-là que de l’antichambre de son propos, pleinement accessible à ceux qui souhaitaient le découvrir plus avant.

Le dernier Testament

Soliakov défend le droit personnel au Renoncement, c’est-à-dire au retrait d’un rapport purement mécanique aux institutions, aux usages culturels, aux canevas moraux. Ses textes, ses interventions, prônent la faculté d’exercer une propriété pleine et entière de son existence, pour soi et par soi, quitte pour cela à sensiblement contrarier les lois. Il n’encourage pas pour autant à agir en criminel, bien au contraire, puisque l’un des piliers de son discours est le repentir ressenti puis la rédemption mise en marche par ses anciens codétenus. Il s’agit davantage d'une position d'abstention, en refusant de servir sous la bannière fédérale par exemple.

Pour atteindre cet état de liberté individuelle, sociale, morale et spirituelle, l’Église qu’il a fondée offre à celui qui le désire un baptême au Renoncement. Ses effets, troublants, même aux yeux des plus sceptiques, achèvent de transformer celui qui a embrassé cette conviction. En fait, Soliakov a recours à ses aptitudes psychiques pour libérer le sujet de ses inhibitions. Il renforce aussi sa dimension égotique et l’aide à renoncer à sa pulsion naturelle à la procréation. Car la finalité poursuivie à très long terme par ce doctrinaire, bien au-delà de sa propre disparition, n’est ni plus ni moins qu’une contribution à l’extinction complète de la race humaine dont il considère l’existence comme fondamentalement vaine. Bien entendu, il délègue à des subordonnés la conduite de la plupart des cérémonies de baptême, tant pour des raisons de sécurité personnelle que par impossibilité matérielle à s’y trouver.

La catéchèse du néo-nihiliste rencontre aujourd’hui un grand succès – la guerre n’y étant pas étrangère –, suffisamment en tout cas pour justifier de sa traque par les services de sécurité de la Fédération. Ses adeptes sont nombreux, présents dans tous les milieux et beaucoup renoncent effectivement à engendrer une descendance, en recourant d’ailleurs dans la plupart des cas à une stérilisation biologique irrémédiable. Pétrus Soliakov demeure quant à lui insaisissable. Proche des mouvements libertaires tels que les pacifistes radicaux de Green Nova, on lui reproche des menées antifédérales, on le dénonce aussi comme étant un pion à la solde du Cartel, certains de ses adversaires les plus acharnés l’accusent même d’avoir quelque chose à voir avec la perte de contact avec la Terre. Qu’importe. Son Église continue de prospérer, et, depuis son temple du Renoncement, entouré par sa garde rapprochée de convertis doués de pouvoirs mentaux similaires aux siens, il sourit, tout en poussant des dominos qui en entraînent d’autres qui en conduisent eux-mêmes encore d’autres à un basculement répété. Pour l’instant. Car tout a une fin...

 

Extrait d’une interview de Pétrus Soliakov * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
CapActua : Vous contestez défendre les postulats d’une religion, pourtant le nom de votre mouvement mentionne bien le terme « d’Église ». N’est-ce pas contradictoire ?
Pétrus Soliakov : Il n’y a rien d’antinomique à cela. Remontez à l’origine terrienne et latine du terme, à sa sémantique, et vous découvrirez que sa traduction est « assemblée ». Une fois ce coup de pouce donné, vous serez sans doute suffisamment éclairé pour apprécier l’association des termes par vous-même...
C.A. : Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’exercer une influence délétère sur les populations humaines de la Fédération ?
P.S. : En premier lieu je m’interrogerais sur la nature de ces détracteurs, sur les intérêts qu’ils défendent. Considérez l’équation sous cet angle et vous constaterez par vous-même qu’il sont tous des émanations d’une machinerie savamment entretenue depuis des éons. Nous sommes quant à nous en quête de sens, de logique individuelle, et pas de concordance avec un ordre social convenu. Je leur réponds donc : « Si vous faites si peu cas de la responsabilité personnelle, de l’aptitude de chacun à exercer un choix, alors vous ne vous comportez pas mieux que moi en vous estimant en droit de dénoncer des notions qui échappent à votre sphère convictionnelle. »
C.A. : Qu’en est-il de ces incitations au suicide qui vous sont régulièrement imputées ?
P.S. : Je ne contrains personne à commettre l’irréparable, de même que j’abandonne à tout un chacun la liberté de disposer de sa vie, qui est par essence sa propriété fondamentale. Je signalerais simplement qu’il s’agit-là d’une expression de liberté, qui ne peut être contestée par qui que ce soit.
C.A. : Mais ces gens se donnent pourtant la mort au nom du désespoir...
P.S. : Comme certains de ceux qui partagent nos convictions se battent pour maintenir la vie. Dois-je vous rappeler l’investissement de notre Église dans l’évacuation de la station Jorial IV alors même que les radiations qui y sévissaient conduisaient l’état-major fédéral à une hésitation évidente ? Tout est affaire de priorités propres à notre hiérarchie interne.
C.A. : Soit. Et ces poursuites bien actuelles pour menées séditieuses contre l’effort de guerre et exhortation à l’insoumission ?
P.S. : J’observe que les autorités ne me citent pas à l’ordre du mérite fédéral pour les nombreux adeptes de notre conviction dépêchés au front où ils donnent le meilleur – ou le pire compte tenu des exigences de la guerre – d’eux-mêmes. Je ne donne aucune autre consigne que de décider de ses axes de vies en fonction de sa propre conscience. Ce qu’un système veut nous imposer n’a pas d’autre valeur que le crédit que nous lui prêtons. Si je meurs demain, de maladie, d’un accident, sous le feu des ennemis de l’État fédéral – j’insiste sur ce qualificatif – quelle différence cela fera-t-il en ce qui me concerne puisque je ne serai plus ? L’intérêt commun est un ogre qui dévore ceux qui s’y soumettent.
C.A. : Peut-on donc résumer votre foi, pardon, vos convictions, à une logique hautement individualiste de l’existence ? Un culte de l’égoïsme forcené ?
P.S. : Je vais vous faire une réponse d’Ashiki : oui et non à la fois. Nous prônons à la fois la vacuité du sens de l’existence humaine et le droit de chacun de pouvoir renoncer à sa fonction de rouage à la fois unique et parfaitement remplaçable. D’ailleurs, sur ce point, j’ajouterais... Je suis désolé, nous n’allons pas pouvoir poursuivre cet échange. On me signale que notre saut en Dc² est rendu nécessaire par la proximité des signaux de détection des services de renseignement fédéraux. Nous poursuivrons cet entretien ultérieurement si vous le voulez bien. Je vous souhaite de trouver votre voie personnelle si ce n’est pas déjà fait.

 Fin de l'interview * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

 

 

Pour jouer...

Pétrus Soliakov, humain, 72 ans
« Le genre humain ? Un ciel d’étoiles filantes qui n’éclairent personne. »

Lorsque vous échangez avec Pétrus Soliakov, vous avez ce sentiment rare d’avoir enfin trouvé celui qui vous comprend dans toute votre complexité, celui qui entend votre petite musique intime, qui l’apprécie aussi. Ses pupilles perpétuellement dilatées sont fixées sur ce que vous êtes bien au-delà de cette coquille de noix qui vous sert d’enveloppe charnelle. Sa voix suave au timbre chaud n’est pas sans susciter un trouble au plus profond de vous, comme un rappel de ces sourds et doux échos qui vous parvenaient alors que vous séjourniez dans le ventre de votre mère. Ses lèvres fines étirées en un sourire à la fois distant et bienveillant sont aussi un bel encouragement à poser vos bagages, à les vider pêle-mêle ici et maintenant, avant de continuer la route plus léger...
Cet état de fait n’est pas vraiment la conséquence d’une démarche active de l’intéressé. Il a toujours été ainsi, comme récipiendaire d’un don du ciel, sauf qu’il s’est rapidement convaincu que rien n’en tombait, justement, du ciel... Il s’est cependant tout d’abord trompé de chemin en s’engageant instinctivement dans la psychiatrie. Un parcours brillant, la reconnaissance de ses pairs, une voie royale vers les plus  hauts sommets, jusqu’à ce qu’il incendie lui-même le temple de ses certitudes. Ses biographes rencontrent des difficultés à déterminer quel fut le véritable point de départ de cette césure. Elle semble antérieure à son intérêt pour les Chemins de Nihil, un mouvement qui constitua pour lui l’occasion de s’enraciner dans sa doctrine, d’en éprouver les limites aussi. Lorsqu’il acceptait encore de communiquer publiquement sur son passé, Pétrus Soliakov a pu laisser entendre que l’exercice de la médecine lui avait offert le privilège d’explorer les abysses de l’homme et que ce qu’il y avait découvert lui apportait une réponse personnelle évidente, comme une vérité d’abord dissimulée, puis méritée et enfin révélée.

Cet humain de taille moyenne, de corpulence parfaitement banale, à la calvitie prononcée, se distingue toutefois de ses semblables par le puissant magnétisme qui émane de lui. Se déplaçant avec mesure, sinon lentement (notamment du fait d’une claudication due à un accident conséquent au sabotage d’une navette à bord de laquelle il voyageait), ne s’égarant jamais en mouvements brusques, il apparaît à la fois tel un parangon de sérénité, une force inaltérable, comme une essence de pureté. Pourtant, il sait faire mouche face aux détracteurs de son Église, comme l’a prouvée la série d’entretiens contradictoires organisés à distances par divers médias alors qu’il venait de s’affranchir de sa condamnation à l’exil. Le célèbre penseur Unuis Udrikson put ainsi s’étonner, en sortant d’un débat de près de sept heures : « C’est l’humiliation la plus cuisante que j’ai eue à endurer. Cet homme n’a rien d’un enragé mais pourtant il mord votre amour-propre à la gorge. »

À peu de choses près, on ne sait de lui que ce qu’il a bien voulu livrer. Des soupçons pèsent évidemment sur la dangereuse portée de ses aptitudes psychiques mais il a toujours éludé les questions qui y étaient relatives. En fait, Pétrus Soliakov est l’un des télépathes humains les plus doués qui soient. Comme l’œil enregistre la topographie des lieux pour s’y repérer, apprécier les couleurs, les contrastes, les perspectives, l’esprit du chef de file de l’Église du Renoncement est perpétuellement en éveil, déployant des tentacules psychiques lui permettant de sonder, de mesurer, d’évaluer ceux qui l’entourent. Le cas échéant, il sait aussi prolonger cette posture d’observation par une approche invasive. Du fait de leur pratique régulière, il maîtrise tout particulièrement les mécanismes permettant d’induire des idées ou d’en éradiquer. Autant dire qu’il est parfaitement apte, en fonction du degré de résistance psychique de son sujet, à reconfigurer un esprit humain comme un informaticien le ferait d’un ordinateur...

Malgré ses possibilités d’ingérence psychique, Pétrus Soliakov ne privilégie plus cette démarche qui lui a cependant été précieuse pour mettre en trajectoire son Église. Sincèrement persuadé des notions et des valeurs qu’il défend, il préfère désormais le prône pour entretenir une dynamique prometteuse.

Cet homme qui n’a pas de famille connue, qui semble avoir renoncé à toute libido, qui s’efforce d’effacer son envergure au profit du mouvement qu’il conduit, se passionne en revanche pour l’éveil et le façonnement des aptitudes psy de ses apôtres. Il place d’ailleurs entre leurs mains le succès de la doctrine du Renoncement. Ce carré de fidèles compte près de cinq cents individus versés dans la télépathie à des degrés de maîtrise variés. La plupart n’ayant jamais été enregistrés auprès des autorités fédérales, ils sont donc hors-la-loi.

Outre sa situation délicate vis-à-vis de l’État central, le doctrinaire semble aussi susciter certaines animosités parmi les peuples constellants. Il a récemment eu à endurer un assaut psychique concerté mené par un commando constitué de Gundans dont les motivations paraissent bien obscures. Pétrus Soliakov y a survécu – ce qui n’est pas le cas de ses assaillants – mais son état cérébral a justifié d’une mise au repos complet durant plusieurs semaines. Il semble depuis rétabli mais conserve toutefois une fragilité nécessitant qu’il recoure ponctuellement à un inhibiteur stabilisant ses pouvoirs psychiques, à défaut de quoi ils pourraient bien le déborder, en une vague télépathique meurtrière pour tous ceux qui l’entourent...

Type de personnage : personnage de légende
AGILITÉ 2D+1 – Esquive : 3D+1
VIGUEUR 2D+1 – Résistance : 3D+1
PERCEPTION 2D+1 – Discrétion : 3D+1
MÉCANIQUE 2D
SAVOIR 3D+1 – Bureaucratie : 4D+1, Connaissances académiques : 4D+1, Stratégies : 4D+1
CHARISME 3D+1 – Éloquence : 4D+1, Séduction : 4D+1, Volonté : 7D+1
POUVOIRS MÉTAPSYCHIQUES 2D+2 – Sens : 6D+2
Autres valeurs : vêtements dépouillés.


Mettre en scène l’Église du Renoncement et Pétrus Soliakov

La plupart des adeptes de l’Église sont parfaitement fidèles à l’éthique de leur guide mais elle déplore tout de même quelques comportements dissidents. Ainsi l’un des proches des PJ pourrait être tombé dans les filets d’un individu particulièrement retors qui utiliserait la bannière du mouvement pour attirer à lui des victimes potentielles. Plusieurs options s’offrent à vous : en faire un fanatique qui utilise ses pouvoirs psychiques pour conditionner ses proies en véritables « bombes dormantes » dans l’attente du grand soir, un escroc qui détourne leurs biens pour s’enrichir crapuleusement, un mythomane qui s’entoure de faibles ou d’illuminés pour se constituer une légion de dominés au sein de sa propre secte. Aux personnages de remonter la filière d’endoctrinement afin de retrouver leur parent ou ami, sachant qu’un apôtre s’intéresse de très près aux agissements de celui qui trahit les préceptes de l’Église. Ils pourront trouver un allié providentiel en ce représentant du mouvement et peut-être même se laisser atteindre par ses convictions.
Confrontés à un mystère insoluble (des événements inexpliqués par exemple) ou une difficulté majeure (les effets d’un pouvoir utilisé sur l’un d’entre eux), tous deux d’ordre psychique, la course des événements va naturellement orienter les PJ vers l’Église pour chercher auprès d’elle des éléments de réponse. De fil en aiguille, ils en viendront à rencontrer Pétrus Soliakov lui-même qui saura se montrer un interlocuteur à la fois troublant et passionnant. L’homme apportera son aide aux PJ sous la réserve qu’ils lui garantissent une contrepartie. Il ne sera pas nécessairement question de prosélytisme mais il comptera plutôt sur eux pour mener une action servant les intérêts de son Église. Protection transitoire ou escorte d’un de ses membres (un apôtre dépêché pour représenter le mouvement), port d’une missive ou d’un objet important (un cristal mémoire par exemple), intervention auprès de telle ou telle autorité (fédérale, corporatiste, extraconstellante), les moyens de lui renvoyer l’ascenseur sont variées. Il n’est d’ailleurs pas impossible que Soliakov voit bien au-delà de cet échange de bons procédés et qu’il nourrisse des intentions précises à l’endroit d’un des PJ dont il aura par exemple ressenti le potentiel psychique ou qu’il aura décidé d’utiliser comme un vecteur de ses desseins…
Pétrus Soliakov a un secret bien gardé : il a engendré bien malgré lui une fille, Lékia, aujourd’hui âgée de 24 ans. À vrai dire, leur relation père-fille fonctionne à sens unique puisqu’elle ne le connaît pas. Lui, en revanche, suit à distance son cheminement après avoir aménagé pour elle un cadre d’évolution favorable et écarté de l’équation sa mère – une ancienne adepte des Chemins de Nihil qu’il a tiré de l’ornière. Recourant à ses pouvoirs psychiques, il a reconditionné un couple d’ex-codétenus qui sont devenus sa famille d’adoption tout en étant persuadés qu’ils sont ses véritables parents. Il a ensuite fait le nécessaire pour qu’ils soient portés par le désir d’intégrer les rangs d’une Corporation membre du Cartel, en l’occurrence la Biostep Engineering. Cette entité est spécialisée dans la biologie du vivant et ses applications militaro-industrielles (notamment les greffes de cybernétique et le recours à la nanotechnologie dans les organismes de soldats). La jeune femme, qui y exerce les fonctions de kinésithérapeute spécialisée en cyberadaptation, y vit entourée de ses patients mais aussi de ceux qu’elle dénomme ses fantômes. Depuis son plus jeune âge elle est en effet assaillie par des songes, des images, des scènes qui s’imposent à elle de manière anarchique. Avec l’âge, Lékia a affiné sa perception de ces désagréables expériences et a pu déterminer qu’elles semblaient être des échos d’autres existences que la sienne sans pour autant qu’elle ait idée de l’identité des hommes, femmes et enfants desquels s’échappent des lambeaux de mémoire. Elle le découvrira tôt ou tard, tout ce qu’elle reçoit – et qu’elle garde en elle – sont en fait les souvenirs modelés, effacés, de ceux qui passent entre les mains de son père. Ses propres prédispositions psychiques, son lien avec son géniteur, font en fait d’elle une espèce de réceptacle à mémoires. Et un jour, inévitablement, elle sera inévitablement récipiendaire du secret de trop…

Jouer un adepte du Renoncement

Un baptisé de cette Église est censé se caractériser par un rapport atypique à la vie. Laissant de côté les questions existentielles, il suit pleinement sa voie, sans véritablement se laisser freiner par les interrogations ni brider par le poids des contraintes sociales. Convaincu qu’il ne vient de rien et qu’il est destiné à ne plus être rien, il peut faire le choix de vivre son quotidien intensément, d’une manière ou d’une autre, comme décider que quitte à mourir autant choisir quand et comment. Chacun est libre de disposer de son existence à sa guise, mais il est attendu des adeptes qu’ils ne choisissent pas une voie susceptible de ternir l’image du mouvement. Les textes leur enseignent que le jugement est de trop dans le regard des hommes, que sa propre aspiration à la liberté doit s’accompagner de la tolérance vis-à-vis des chemins suivis par les uns et les autres. À fréquences régulières, les apôtres appellent à eux les adeptes pour être guidés en un moment d’abandon psychique. C’est aussi le moyen pour eux de les sonder télépathiquement afin de vérifier s’ils ne sont pas le jouet des adversaires de l’Église.

Un membre de l’Église du Renoncement bénéficie d’un bonus d’1D à tout jet de Volonté (compétence Charisme) relatif à sa voie (visiter un maximum de planètes, mourir sur un champ de bataille, diffuser la doctrine du Renoncement, etc.).

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 09:24

Bonjour,

 

Je profite aujourd'hui de ce blog pour vous présenter un auteur pour lequel j'ai la plus grande des admirations : Eric Miles Williamson. Un auteur que je place dans la catégorie des "grands vivants", aux côtés d'Hilsenrath ou de Pedro Juan Guttierez. Pourquoi parler ici de Williamson plutôt que des deux autres ? Si je vous dis que ce dernier est né à Sacramento, qu'il a fait ses études à San Leandro, joué dans des bars à San Francisco, écrit des histoires qui se situent à Oakland ou dans Bay City, les fidèles de Campus auront vite compris où je veux en venir. Avant de présenter les oeuvres de Williamson et, surtout, de présenter quelques pistes pour les utiliser dans Campus, traçons rapidement un portrait de l'homme.

 

Eric Miles Williamson

Né à Sacramento en 1961, Williamson a étudié à San Leandro, dans la banlieue d'Oakland et San Francisco. Très jeune, il joue de la trompette dans des "bands", ce qui l'amène à fréquenter des lieux et des populations variées. L'homme n'a pas une trajectoire simple. Il travaille pendant plusieurs années sur des chantiers avant de reprendre ses études, de se faire un nom comme écrivain et d'entreprendre une carrière universitaire. Son premier roman, Bienvenue à Oakland, paru en 1999 est un gros succès. En 2006, il publie Noir Béton.

L'écriture de Williamson est un ravissement. L'homme manie la grossièreté avec un lyrisme rare, transforme les situations les plus sordides en shoots de pure poésie. Williamson va loin, très loin dans le trash. A ses côtés, Bukovski ressemble à un lutin joyeux au pays de Oui-Oui. Noires et désespérantes, les histoires qu'il met en scène sont peuplées d'âmes errantes. Mais une grande humanité irradie les portraits qu'il brosse des exclus de la société.

 

williamson.jpg

 

Bienvenue à Oakland

Résumé

Paru en 1999, Bienvenue à Oakland met en scène T-Bird Murphy, un jeune paumé de la ville d'Oakland. Le garçon qui squatte un box de parking quand il ne dort pas dans sa voiture, a grandi dans les ghettos. Racisme, violence, misère sociale et déchirements familiaux sordides forment son paysage. Son seul plaisir, c'est de bricoler sa caisse et de traîner avec un groupe de motards auxquels il voue une grande admiration.

 

Les premières lignes

"Rien ne me rend plus heureux que de vivre dans un trou, et je dois dire que j'ai vécu dans des sacrés trous de merde.
J'ai vécu dans des cabanons de jardin qui puaient l'engrais et la tondeuse à essence, dans des entrepôts de matériaux de construction où j'inhalais des gaz d'échappement à longueur de nuit, dans des box soi-disant aménagés mais qui en fait ne l'étaient pas, avec sol en béton et établis branlants contre les murs, dans des relents de pisse de chat et d'opossums crevés. Ou alors, quand je trouvais où me garer sans avoir à me soucier des flics, des voisins, des commerçants et des veilleurs de nuit, je pionçais à l'arrière de mon break."

 

Quelle utilité pour jouer à Campus ?

Bienvenue à Oakland vous fait rentrer dans l'univers d'Oakland, une ville sinistré par le chômage et la ségrégation urbaine. Le roman vous fournit une trame de fond solide pour y faire jouer des aventures mais aussi de nombreux portraits de personnages déjantés. L'ex-marine est par exemple un modèle du genre, une sorte de Rambo dément parfaitement adapté au ton de Campus. Le gang des bikers peut aussi être mis en scène soit comme groupe pour les personnages soit comme adversaires.

 

oakland.jpg

 

 

Noir Béton

Résumé

Quand Williamson parle de la gunite, il sait de quoi il parle. Mais vous, peut-être que la gunite ça ne vous parle pas. Moi en tous cas, j'ignorais tout en la matière avant de lire Noir Béton. Le roman vous plonge dans la vie d'une équipe travaillant dans le gros oeuvre des bâtiments. On suit les pérégrinations de Broadstreet et de Rex, personnage énigmatique et flippant. D'abord basé à San Francisco, le groupe s'occupe ensuite d'un chantiers dans l'intérieur de la Californie.

 

Extrait

"Combien de doigts, pense Broadstreet. Combien de doigts, combien d’orteils, combien de sang dans le béton de la ville ? Combien de corps fossilisés dans les soubassements des tours de béton, dans les piliers des ponts, dans les murs des barrages ? Leurs cris pétrifiés, leurs bras et leurs jambes éternellement pétrifiés. Quand le tremblement de terre se produira, ils seront libérés. Ca fera autant de squelettes protégés par des casques, espérant qu’il s’agit du Jugement dernier. Ce ne sera pas le cas."

 

Quelle utilité pour jouer à Campus ?

Comme pour Bienvenue à Oakland, vous ne trouverez pas dans Noir Béton une trame romanesque à retranscrire dans une partie. Le livre peut par contre servir de base pour une aventure qui amènerait les PJ à fréquenter le monde du bâtiment, par exemple dans le cadre d'une enquête (une entreprise spécialisée dans les fondations pourrait servir de paravent à l'élimination de cadavres). Comme son prédécesseur, il vous livre une belle galerie de PJ. Mention spéciale en la matière à Colby Root, le contre-maître illuminé.

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 23:06

Bonjour,

 

Le n°5 de Maraudeur est sorti. Comme toujours un numéro plein à craquer de matériel en tous genres avec pas moins de 231 pages.

D6 Galaxies y trouve place avec un article illustré de 8 pages sur les Dorgs, un des peuples majeurs de la Fédération. Vous y retrouverez une description exhaustive des quatorze clans qui le composent.

 

Maraudeur-5.jpg

 

Pour cela et pour tout le reste, allez vite télécharger la revue.

 

Très bonne journée à vous,

 

Cédric B.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 07:36

Bonjour,

 

Je ne prends pas souvent le temps de regarder les statistiques de notre blog, lancé en octobre 2010, mais ça a été le cas ce matin.

Belle surprise que de constater que les chiffres de fréquentation sont en hausse. Le mois de novembre 2011 a d'ailleurs été le mois record pour les pages vues sur le mois et fin novembre nous avons eu le record du nombre de pages vues en une journée.

LogoOverblog

 

Après un petit recul en décembre, nous sommes repartis à la hausse en janvier, mois qui pourrait ravir à son compère de "novembre" la couronne du record. Avanti !

 

Très bonne journée à tous,

 

Cédric B.

 

ps : pour aider "janvier" dans sa quête pour le titre, sachez que nous mettrons en ligne dans les prochains jours trois Inspirations (pour Campus, Tecumah Gulch et D6 Galaxies) ainsi qu'un nouvel article pour l'Encyclopédie Fédérale et des premières news exclusives sur la sortie de Go West ! le prochain supplément de Tecumah Gulch.

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